Végémaux ou anitaux ?

Ce matin, j’ai participé à un atelier d’écriture animé par Nadège Berne de l’association Entre souffle et lignes ; cet atelier (À fleur de mots) s’adressait à des personnes qui parlent couramment le français mais qui ne sont pas de langue maternelle française. C’était une expérience très intéressante ! C’est la deuxième fois que je participe à un atelier de ce type, et bien que cette fois le « travail » ait été moins dur pour moi (car la durée était moindre et que les propositions d’écriture étaient moins axées sur la poésie), j’ai ressenti toujours de la difficulté, spécifiquement à cause des limites de mes connaissances lexicales en français.

Quoi qu’il en soit, l’atelier s’est terminé par l’invention de mélanges de mots à partir de noms de végétaux et d’animaux. Ce jeu consistait à lister des noms de végétaux et d’animaux en les repartissant en couples, à les mélanger en juxtaposant le début de l’un et la fin de l’autre nom, et à inventer la définition du mot ainsi obtenu. La consigne était de choisir des mots d’au moins trois syllabes ; ce n’étais pas évident de trouver des noms de végétaux, mais nous avions à disposition des imagiers faune et flore.

Voici le produit de mon imagination :

  • éléphant + aubergine = « élégine », être vivant rondelet qui communique par des cris poétiques ;
  • kangourou + potiron = « potirou », carrosse sautillant ;
  • dinosaure + champignon = « champisaure », espèce disparue de champignon ;
  • léopard + érable = « érapard », félin qui se déplace en « érapant » ;
  • papillon + peuplier = « papiplier », insecte aux ailes froissées.

Et vous, vous avez d’autres idées ?

De l’usage de l’article dans la Terre du Milieu

Lors d’une sympathique soirée de jeux consacrée au thème du Seigneur des Anneaux auprès de l’association « Moi j’m’en fous je triche », j’ai fait une découverte curieuse. Dans le tableau de jeu, certains noms de lieu de la Terre du Milieu étaient précédés d’un article : la Moria, le Rohan, le Mordor… Je trouvais ça bizarre et j’ai demandé une explication à mes camarades de jeux. Ils m’ont regardée un petit peu comme si je venais d’une autre planète. « Ben, c’est parce qu’il y a un mot sous-entendu : la mine de Moria, le royaume de Rohan, le pays de Mordor… »

Bon, d’accord… sauf que ces articles ne sont pas présents dans le texte original du roman (et dans la traduction italienne non plus). Un fan anglais dira par exemple que the Fellowship of the Ring passed through Moria to go to Mordor. Du coup, pour moi, cet ajout engendre comme une petite dissonance sur une musique très familière.

Quoi qu’il en soit, le jeu a mal tourné pour mes camarades hobbits et moi : Sauron a fini par s’emparer de l’anneau, et le monde entier est précipité dans les ténèbres. Dommage. Et tant pis pour les articles.

Le Mordor, un pays mal fréquenté...

Le Mordor, un pays mal fréquenté…

Refaire sa vie en mettant son manteau

Aujourd’hui je suis tombée sur l’expression italienne « rifarsi una vita », que je devais traduire en français. Une recherche rapide sur Google m’a permis de trouver l’expression française correspondante, très proche et toutefois légèrement différente : « refaire sa vie ». C’est à dire que les deux langues utilisent les mêmes éléments lexicaux mais choisissent des structures syntactiques différentes pour exprimer l’implication du sujet : l’italien emploie le verbe à la voix pronominale (« rifarsi » = « se refaire »), tandis que le français utilise l’adjectif possessif (« sa vie »).

On retrouve le même schéma dans les expressions qui indiquent l’action de s’habiller : en français, je « mets mon manteau, mes chaussures… », alors qu’en italien « mi metto il cappotto, le scarpe… » (« je me mets le manteau, les chaussures… »).

Une personnalité française en train de « mettre son manteau »

Une personnalité française en train de « mettre son manteau »